A2-C2: 漫畫 BD hongkongaise en français

La bande dessinée occupe dans le paysage culturel des pays francophones une place importante et respectée. Ici, à l'Alliance française, les étudiants commencent souvent par les classiques de la BDs jeunesse classiques (qui d’ailleurs ne vieillissent jamais !) comme Tintin, Astérix ou Tom-Tom et Nana et, ensuite, les plus intéressés, découvrent par la suite  un univers immense d’œuvres qui traitent de sujets aussi divers que variés d’une façon parfois profonde et complexe, d’autres fois avec une simplicité âpre.

La BD hongkongaise n’a pas encore connu un tel phénomène culturel mais certains auteurs se sont quand même imposés sur la scène internationale. Plusieurs éditeurs francophones ont publié leurs œuvres. Nous aimerions vous faire découvrir notre collection « Les BD de HK in French ».

Qu'elle était bleue ma vallée

Hok Tak YEUNG (楊學德) ; Actes Sud
Titre original : 錦繡藍田

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C’est un portrait poétique de la vieille cité HLM (Habitation à Loyer Modéré) de Bluefield (Lam Tin). L’artiste nous invite à revisiter la banlieue de sa jeunesse, dépeinte ici dans une symphonie de surréalisme et de mémoire intime. Contrairement à ce que l’on aurait imaginé, il ne s’agit pas d’une nostalgie de l’enfance ; le récit est sombre et plein de cynisme ainsi que de critique sociale, à tel point que l’auteur écrit que « derrière les faciès de ses voisins se cachent l’inquiétude, le chagrin et la haine ».

Cet album n’aurait pas pu être créé par quelqu’un d’autre qu’un Hongkongais. Vous y (re)trouverez les traces des cités hongkongaises et des mœurs de la société des années 70. Invité à l’Alliance française en 2019, le directeur du festival d’Angoulême Stéphane Beaujean a expliqué qu'il s'agissait de la BD hongkongaise la plus originale et la plus impressionante qu'il ait pu lire.

Je préférerais ne pas

Justin WONG (黃照達) ; Rue de l’échiquier
Titre original : Lonely Planet

4121045786?profile=RESIZE_710xOn dit souvent que l'on ne veut pas travailler ou étudier. L’épidémie actuelle a dans un sens réalisé notre rêve. Mais entretemps on s’est rendu compte que la vie inactive n’était pas aussi enviable qu'on ne le pensait. Récemment licencié, le héros déambule la ville de Hong Kong - avec nous - en ruminant sur la façon de mieux passer ses journées sans emploi. Par exemple, pourquoi ne pas créer un groupe FB « Moi je ne bosse pas » où encore redessiner les plans de la ville pour en faire sa cité idéale ?

Plus qu’un journal d’inactivité, c’est aussi une réflexion profonde sur la modernité. En imagerie numérique, l’auteur pose un regard critique sur l’engagement, l’aliénation et la déshumanisation du travail, avec humour mais aussi sincérité. C’est une BD qui nous fait rire, certes, mais qui nous fait aussi penser.

La trilogie de Kylooe

Little Thunder (門小雷) ; Kana
Titre original : Kylooe三部曲

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3 histoires principalement indépendantes avec des personnages différents, sauf un - la blanche créature au poil soyeux qui est Kylooe. Ceci dit, elles peuvent être lues séparément et donc sans ordre. Ce sont des contes sur le passage à l’âge adulte où les protagonistes essaient de trouver leur place dans la société (adulte). Une jeune fille, s’intégrant mal à l’école, s’échappe dans son rêve - le rêve est bien un motif de la trilogie, en matière de récit ainsi que de style ; un commercial se remémore son premier amour doux-amer ; un garçon, coincé dans un monde dystopique où il est interdit de pleurer, apprend à comprendre ses émotions et à les exprimer. On pourra sans doute s'identifier à l'un ou même plusieurs de ces peronnages car même si ces histoires sont dramatisées et stylisées par le fantastique, les épreuves et les émotions sont humaines et communes.

The Beast

LI CHI TAK (利志達), Jean Dufaux; Kana

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La citadelle de Kowloon (九龍城寨) est au cœur de cette collaboration entre le scénariste belge Jean Dufaux et le dessinateur hongkongais Li Chi Tak. Une série de meurtres nous mènent à cette cité noire malfamée défendue par de hauts murs. Derrière ces murs, on découvre au fur et à mesure un monde sinistre où les triades, les assassins, une secte et les monstres se mêlent. Il ne manque pas de violence, de sang, de complot ni de trahison. On y voit peu du vrai Hong Kong, il faut bien l’admettre, mais cela ne nous empêche pas de nous immerger dans cet univers sombre et absorbant.

 

Si vous n'avez pas encore lu ces BDs, nous vous conseillons de tenter le coup. Elles sont disponibles à la médiathèque de l'AF, désormais rouverte !

Si vous les avez lues, qu'en pensez-vous ? Pouvez-vous partager avec nous d'autres BDs hongkongaises ou chinoises qui vous impressionnent le plus ?

 

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Réponses

  • Je trouve que la BD "Je préférerais ne pas" est la plus intéressante parce qu’elle m'a fait beaucoup penser au sujet de notre envie. Je me suis rendu compte que ce dont on a envie n’est pas forcément le plus idéal pour nous. On ne préfère pas travailler et on se plaint chaque fois quand le réveil sonne le matin. Mais si un jour on perdait son boulot à cause de l'épidémie et on n'arrivait pas à gagner sa vie, qu'est-ce qu’on en penserait ? Parfois on a des disputes avec ses proches. On trouve qu'ils sont si ennuyeux qu'on ne veut plus être avec eux. Mais si un jour on ne pouvait plus jamais les voir à cause de l'épidémie, qu'est-ce qu’on en penserait ? Au lieu de se plaindre toujours de notre boulot, il faut qu'on se consacre à son projet qui fait preuve de ses compétences. Au lieu d’en vouloir à ses proches, il faut qu'on chérisse chacun qui nous entoure. Malgré cette épidémie sans précédent, c'est aussi une bonne occasion à laquelle on doit apprendre à être reconnaissant.

    • Merci pour ton texte. 
      944025698?profile=RESIZE_180x180

      Je trouve que la BD "Je préférerais ne pas" est la plus intéressante parce qu’elle m'a fait beaucoup penser au sujet de nos envies / de nos désirs. Je me suis rendu compte que ce dont on a envie n’est pas forcément le plus idéal pour nous. On ne préfère pas travailler et on se plaint chaque fois quand le réveil sonne le matin.
      Mais si un jour on perdait son boulot à cause de l'épidémie et si on n'arrivait pas à gagner sa vie, qu'est-ce qu’on en penserait ? Parfois on a des disputes avec ses proches. On trouve qu'ils sont si ennuyeux qu'on ne veut plus être avec eux. Mais si un jour on ne pouvait plus jamais les voir à cause de l'épidémie, qu'est-ce qu’on en penserait ? Au lieu de se plaindre toujours de notre boulot / travail , il faut qu'on se consacre à son projet qui fait preuve de nos compétences. Au lieu d’en vouloir à ses proches, il faut qu'on chérisse chacun qui nous entoure. On pourrait reformuler la phrsase ici...

       Malgré les difficultés de cette épidémie sans précédent, c'est aussi une bonne occasion pour laquelle on doit apprendre à être reconnaissant.

       

  • Pour moi, j’ai un intérêt pour le troisième BD “La Trilogie de Kylooe” parce que je trouve Kylooe, la créature blanche au poil soyeux dans la couverture du BD semble très mignon.  L’histoire de ce BD résonne avec ma propre vie avec le passage à l’âge adulte pour les protagonists.  Même aujourd’hui, en tant qu’adulte, j’apprends toujours et je suis confronté aux défis de la vie chaque jour.  Et beaucoup de temps, je trouve queje n’ai pas complètement grandi.

    • Merci pour ton texte, Patryk
      944025698?profile=RESIZE_180x180

      Pour moi, j’ai un intérêt pour la troisième BD “La Trilogie de Kylooe” parce que je trouve très mignon Kylooe, la créature blanche au poil soyeux sur la couverture de la BD.  L’histoire des personnages principaux de cette BD résonne avec ma propre vie avec le passage à l’âge adulte.  Même aujourd’hui, en tant qu’adulte, j’apprends toujours et je suis confronté aux défis de la vie chaque jour.  Et meme avec le temps qui passe, je trouve que je n’ai pas complètement grandi.

  • L’un de Li Chi Tak est la plus séduisante pour moi ici. J’ai lu son BD quand j’était petite. Je me souviens de mon enfance…Et aussi, la citadelle de Kowloon se fait remarquer culturellement a l’histoire de Hong Kong. J’ai vu quelques films qui s’agit de lui mais je n’y suis jamais allée. Ça fait mystérieux pour moi! Une grande thème locale qui est dessinée par un dessinateur merveilleux local. Je croise que ça ne me rendra pas décevant!

    • Merci pour ton texte.

      944025698?profile=RESIZE_180x180

      L’un de Li Chi Tak est la plus séduisante pour moi ici. J’ai lu sa BD quand j’était petite. Je me souviens de mon enfance…Et aussi, la citadelle de Kowloon qui s'est faite remarquée culturellement dans l’histoire de Hong Kong. J’ai vu quelques films à son propos mais je n’y suis jamais allée. Ça fait mystérieux pour moi! Un grand thème local qui est dessiné par un dessinateur merveilleux local. Je crois que cette BD ne me décevra pas.

       

    • Ce qui m'impressionne le plus chez Li Chi Tak, ce sont ses styles très différents et variés. C'est un dessinateur caméléon.

      Malheureusement je ne suis jamais allé à la citadelle non plus. C'est très dommage que l'anicien gouvernement colonial ait décidé de tout démolir et de ne garder que très peu de traces. 

      Comme vous l'avez dit, c'est grâce à certains films que l'on peut toujours entrevoir les visages de la citadelle. Le premier qui me vient à l'esprit est "省港旗兵 Long arm of the Law" dont les scènes finales se passent à l'intérieur de la cité. Il est d'ailleurs un film emblématique du genre policier hongkongais.

      Le film n'est pas disponible à la médiathèque mais nous avons un magnifique album photo "City of Darkness: Life in Kowloon Walled City" dans lequel davantage de photos rares sont présentées. Je vous le recommande.

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      Je vous remercie pour votre commentaire Eko!

  • Parmi les quatre, je suis le plus intéressée par la deuxième BD <Je ne préférefais pas> parce qu'elle me fait penser à la situation maintenant à cause de l'épidémie. Pas de travail ni d'études. Rester à la maison pour la plupart de temps. Je ne suis pas vraiment sans emploi mais je comprends les sentiments des héros. C'est similaire.

    • C'est exactement ce que je pensais quand j'ai écrit l'article. Dans ce sens il s'agit d'une lecture très pertinente.

      Notre situation est sans doute plus compliquée que celle du héros. Pour commencer, il faut que l'on s'habitue au télétravail. Et bientôt certains d'entre nous seraient confrontés aux questions des horaires réduits, du chômage technique ou même du licenciement éventuel. Et cette peur du virus qui nous entoure...

      Merci beaucoup pour vos remarques Catherine !

  • C’est intéressant qu’il a y des BD qui racontent l’histoire de Hong Kong. Parmi les quatre, ‘Je préférerais ne pas’ m’intéresse le plus car on vive à HK, exactement dans la même situation en ce moment  où on n’a pas de travailler ou étudier. Au début, c’était très joli et libérateur qu’on peut faire une pause. Mais, maintenant on on ne peut plus travailler ni sortir, ni retrouver des amis.  Je le trouve ennuyeux et commence à penser à l’importance de travail et être motivée . Cette BD peut- être m’aidera de nous donner plus d’inspiration donc je veux lire cette BD.

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